À propos du projet

 

Lancé au printemps 2006, le projet les Canadiens et leurs passés regroupe sept chercheurs œuvrant dans le milieu universitaire, dix-neuf collaborateurs, six universités et quinze partenaires de la communauté. Intéressé à mieux comprendre le rôle de l’histoire dans la vie des Canadiens, le regroupement (Alliance de recherche université-communauté : ARUC) reçoit des conseils et avis d’un comité consultatif composé de chercheurs du Canada et de l’étranger.

 

L’intérêt pour l’histoire publique au Canada est une des caractéristiques marquantes des deux dernières décennies. Pour s’en rendre compte, on évoquera seulement les grands projets suivants : Le Canada : une histoire populaire, de la SRC, le Canal Histoire et Historia, la création de la Société d’histoire nationale du Canada et de l’Institut Historica-Dominion, de même que l’appui du gouvernement fédéral au nouveau Musée canadien de la guerre. Les résultats préliminaires de notre enquête (voir, dans ce site, la page « Sonder la conscience historique des Canadiens ») suggèrent que les Canadiens appuient ces initiatives, visitent les musées et les sites historiques, assistent aux célébrations commémoratives en nombre croissant et participent à des projets historiques communautaires et familiaux. Bien que les Canadiens soient souvent sondés sur leurs connaissances historiques, voire sur les usages qu’ils font de l’histoire, il est plus rare qu’on leur demande de réfléchir à la présence du passé dans leur vie.

 

Le projet a débuté par une enquête téléphonique, menée dans les deux langues, sur la conscience historique des Canadiens. C’est l’Institut de recherche sociale de l’Université York qui a été maître d’œuvre de l’opération. Menée auprès de 3 419 Canadiens entre mars 2007 et juillet 2008, l’enquête a permis de constituer une base de données solide et considérable sur, notamment, l’intérêt général des Canadiens envers le passé et la compréhension qu’ils en ont, les activités liées au passé dans lesquelles ils se commettent et les sources d’information qu’ils jugent dignes de confiance. L’enquête – la plus vaste du genre réalisée au Canada à ce jour – a en outre permis de recueillir des données spécifiques sur les Premières Nations de la Saskatchewan, les Acadiens du Nouveau-Brunswick et les immigrants récemment arrivés en Ontario. Les conclusions de l’enquête faciliteront les comparaisons avec des projets similaires entrepris ou réalisés en Europe, aux États-Unis et en Australie.

 

Au cours des cinq années que durera le projet (2006-2011), les partenaires de la communauté mèneront eux-mêmes des recherches d’envergure sur certaines questions précises soulevées par l’enquête ou liées à l’objet de recherche général de l’ARUC. Parmi les projets prévus, citons les enquêtes orales entreprises sous l’égide de l’Association of Heritage Industries of Newfoundland and Labrador et de la Newfoundland Historical Society relativement aux « Gardiens de la mémoire » dans les zones rurales de Terre-Neuve et Labrador ; citons aussi les groupes de discussion organisés par l’Association des musées canadiens avec des conservateurs de musée dans six villes canadiennes ; signalons également l’étude de l’impact, sur ses utilisateurs, d’un site Internet consacré à l’histoire autochtone ; indiquons enfin l’étude des retombées des foires d’histoire sur la conscience historique des étudiants, parents et enseignants participant à ces événements. Ce ne sont là que quelques-uns des projets stimulants qui étendent la portée du projet et favorisent le débat sur le rôle et la présence du passé dans notre société.