Projets des partenaires

 

Association d’études canadiennes (AEC)

L’Association d’études canadiennes a convoqué, à Montréal en 1999, à Winnipeg en 2001, à Halifax en 2003 et à Edmonton en 2005, une série de conférences biennales portant sur l’histoire du Canada. Plusieurs membres de l’ARUC ont pris part à ces conférences à titre d’organisateurs ou de conférenciers. Comme partenaire du projet, l’AEC a poursuivi sur sa lancée en organisant une conférence à Vancouver en 2006 (ciblant particulièrement les Premières Nations comme thème de discussion), à Québec en 2008 (pour le 400e anniversaire de la fondation de Québec) et à Moncton en 2009 (pour le 225e anniversaire de la création du Nouveau-Brunswick). En 2010, l’AEC fut hôte, à Toronto, d’une conférence où ont été présentés plusieurs résultats du projet Les Canadiens et leurs passés. En 2011, l’AEC collaborera avec l’ARUC à la tenue d’un grand colloque international sur les enjeux et défis touchant au développement de la conscience historique au XXIe siècle. Ces occasions périodiques de présenter les résultats de recherche imposent un échéancier strict à l’équipe du projet. Ils permettent aux principaux intervenants de la communauté historienne de suivre la progression du projet. Grâce à la revue Canadian Issues/Thèmes canadiens, l’AEC fournit enfin une tribune bilingue pour la publication d’articles découlant du projet.


Repères de la pensée historique

Sous la direction de Peter Seixas, titulaire d’une Chaire de recherche du Canada à l’Université de la Colombie-Britannique (UBC), le projet des Repères de la pensée historique a été lancé en 2006, en partenariat avec l’Institut Historica-Dominion, le plus important organisme canadien voué à la promotion et à l’amélioration de la formation en histoire, et le Centre for the Study of Historical Consciousness (CSHC) de la UBC, qui se consacre à la recherche sur l’apprentissage et l’enseignement de l’histoire. Le projet des Repères a été conçu pour favoriser une nouvelle approche de la formation en histoire qui aurait le potentiel de modifier les méthodes d’enseignement des professeurs et les méthodes d’apprentissage des élèves, en accord avec la recherche internationale la plus récente sur l’éducation historique. Précisons qu’une telle approche ne vise pas à modifier radicalement les programmes d’études en sciences sociales et en histoire. Le projet découle plutôt de l’idée voulant que la pensée historique soit un élément essentiel de l’enseignement de l’histoire, à l’instar de la pensée scientifique dans l’enseignement des sciences et de la pensée mathématique dans l’enseignement des mathématiques. Le projet table aussi sur le fait que les étudiants devraient raffiner leur pensée historique tout au long de leur formation. Certes, la pensée historique exige de « connaître les faits ». Mais cela n’est pas suffisant. Depuis 2006, le programme des Repères a progressé sur quatre fronts :
- la révision des programmes (en insistant sur l’attention à donner à la pensée historique dans les programmes provinciaux) ;
- le développement des ressources (en travaillant avec les éditeurs et les auteurs de manuels ou d’autres types de matériel scolaire, et en créant des enseignements accessibles en ligne);
- le perfectionnement professionnel (en organisant des ateliers de travail selon les régions dans cinq provinces et en tenant un institut d’été d’une semaine) ;
- les méthodes d’évaluation (en cours d’élaboration).


Vivre le passé au musée

En 2006 et 2007, l’Association des musées canadiens (AMC) a réuni cinq groupes de discussion à travers le Canada pour savoir précisément comment et pourquoi les gens s’intéressent ou établissent un lien avec le passé dans les musées et centres patrimoniaux. Les participants étaient en majorité des intervenants du monde patrimonial, soit des gens qui possèdent un intérêt particulier pour les musées ou y investissent du temps et de l’énergie : bénévoles, enseignants, étudiants, représentants d’organismes multiculturels et membres de sociétés historiques. Comme dans le cas du sondage pancanadien, l’enquête de l’AMC a tenu compte de facteurs linguistiques, ethniques et régionaux dans la formation des groupes de discussion. Ceux-ci ont été réunis dans les cinq endroits suivants : 1) à la galerie d’art de Kamloops, à Kamloops, en Colombie-Britannique; 2) au Musée du Nouveau-Brunswick, à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick; 3) au Musée de la civilisation, à Québec, et à l’Écomusée du fier monde, à Montréal; 4) au complexe patrimonial de Peel, à Brampton, en Ontario ; 5) au Musée du Manitoba, à Winnipeg. Les résultats des enquêtes ont été présentés à divers congrès, notamment lors des trois rencontres annuelles de l’AMC à Ottawa, à Victoria et à Toronto. Un atelier sur le recours aux groupes de discussion comme méthode d’enquête dans les musées a aussi été organisé lors du congrès de 2008 de l’AMC, à Victoria, en Colombie-Britannique. D’autres présentations et publications suivront. L’enquête est sous la responsabilité de Lon Dubinsky, associé de recherche à l’AMC, et de Del Muise, professeur émérite au Département d’histoire de l’Université Carleton.


Connexions : une exposition au Complexe patrimonial Peel

L’exposition « Connexions » a ouvert ses portes au printemps 2009 au Complexe patrimonial Peel, à Brampton, en Ontario. Cette exposition constitue le résultat d’un projet de recherche entamé en 2007-2008 et portant sur la façon dont les nouveaux arrivants relient leurs divers passés aux traditions et à l’histoire de leur pays d’adoption. Trois familles de la région de Peel, l’une des régions les plus multiculturelles au Canada, ont participé au projet qui a été coordonné par Lon Dubinsky, associé de recherche à l’Association des musées canadiens, Josie Premzell, agente de développement au Complexe patrimonial Peel, Maureen Couse, curatrice adjointe au même établissement, et Mayan Rajendran, étudiante en beaux-arts et en éducation à l’Université York. Del Muise et Gerald Friesen, cochercheurs à l’ARUC Les Canadiens et leurs passés, ont agi comme conseillers.

 

Le Musée de la civilisation

Plus de 650 000 personnes visitent annuellement le Musée de la civilisation, dont de nombreux écoliers provenant du Québec, mais aussi de partout au Canada. Au cours des dernières années, le Musée a tissé des liens plus serrés avec l’Université Laval, l’Université de Montréal, l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) et l’École du Louvre (Paris) pour développer ses activités de recherche. Le directeur général du musée, Michel Côté, croit que le projet Les Canadiens et leurs passésmarque un pas de plus dans cette direction. Il aimerait étudier l’impact, auprès du public en général, mais également auprès des clientèles scolaires, des nouvelles expositions permanentes du MCQ sur les Premières Nations et sur l’histoire et l’espace québécois. Acteur clé dans la conception de l’exposition Le temps des Québécois, Jocelyn Létourneau dirigera ce projet de concert avec le personnel du musée, notamment la directrice de la recherche et des collections, Mélanie Lanouette, et l’agente de recherche Lucie Daignault. Ensemble, ils élaboreront des questionnaires qui seront remis aux publics visés avant et après la visite des expositions, de manière à évaluer l’impact de leur expérience muséale. L’enquête nationale servira de point de départ à ce projet.


La question des identités à Terre-Neuve-et-Labrador

Ces dernières années, les habitants de Terre-Neuve-et-Labrador se sont mobilisés pour que la culture et le tourisme deviennent des piliers de leur nouvelle économie. Le développement culturel dans la province s’est également assorti d’une augmentation subite du sentiment nationaliste chez ses habitants. Selon le sondage d’opinion effectué en avril 2003 pour le compte de la Royal Commission on Renewing and Strengthening Our Place in Canada, 72% des gens interrogés se sont déclarés d’abord et avant tout Terre-neuviens et Labradoriens, Canadiens ensuite (http://www.exec. gov.nl.ca/royalcomm/). Fait intéressant, ils ont indiqué aux sondeurs que la culture, la musique et les arts qu’ils ont en commun sont ce qu’ils valorisent le plus en tant que Terre-neuviens et Labradoriens. L’Association of Heritage Industries of Newfoundland and Labrador (AHINL), représentée par David Bradley et James K. Hiller, et la Newfoundland Historical Society, représentée par Terry Bishop-Stirling et Jeff A. Webb, travaillent avec l’équipe du projet afin de mieux cerner comment les producteurs de culture, à Terre-Neuve et Labrador, envisagent  le(ur) rapport au passé. La méthodologie utilisée sera variée – revue de la production scientifique, groupes de discussion, entrevues individuelles, ateliers de travail, colloques. En 2008-2009, un projet a vu le jour qui vise à cerner le rôle joué par les « Gardiens de mémoire », dont la plupart sont des gens âgés, dans la description des changements qui se sont produits au fil des ans dans les régions rurales de Terre-Neuve-et-Labrador.

Les passés des Acadiens

L’identité des Acadiens est étroitement associée à un événement historique précis : le Grand dérangement de 1755 à 1762. Afin de découvrir à quel point l’acadianité reste inspirée au présent par cet événement, l’équipe de projet enquêtera auprès d’un échantillon d’une centaine de francophones du Nouveau-Brunswick. Le Musée acadien de l’Université de Moncton, représenté par Jeanne-Mance Cormier et Hélène Savoie, et l’Institut d’études acadiennes de l’Université de Moncton, représenté par Maurice Basque, ont travaillé avec l’équipe de projet pour concevoir les questions qui seront intégrées à l’enquête nationale dans le cadre d’un sondage destiné exclusivement aux Acadiens et visant à recueillir leurs commentaires sur les récentes commémorations du 400e anniversaire de l’Acadie et sur celles du 250e anniversaire de la déportation de 1755. Le Musée acadien travaillera également avec le Musée de la civilisation pour concevoir un outil de recherche visant à découvrir les perceptions des enfants qui visitent la nouvelle exposition intitulée « L’aventure acadienne/Acadian Adventure », inaugurée en 2004. De son côté, une équipe de chercheurs de l’Institut d’études acadiennes continuera de sonder la conscience historique des jeunes Acadiens en faisant enquête auprès d’un échantillon d’élèves fréquentant les écoles francophones du Nouveau-Brunswick.

 

La collection numérisée « Nos maisons saignent »

Les réclamations territoriales autochtones continuent de susciter des interprétations contradictoires à propos des documents historiques. Partenaire du projet, l’Union of British Columbia Indian Chiefsa mis en ligne une collection numérique de dossiers concernant les terres spoliées des Premières nations en Colombie-Britannique. Les ressources en ligne comprennent 15 volumes de témoignages présentés à la Commission royale McKenna-McBride, entre 1913 et 1916, et des documents historiques de première et de seconde main. Par le biais du projet Les Canadiens et leurs passés, le Centre for Historical Consciousness de l’UBC a travaillé en partenariat avec l’UBCIC pour concevoir des outils d’enseignement pratiques liés à l’existence des documents en ligne. Grâce à ces outils, l’équipe de projet a étudié les perceptions des étudiants et leur compréhension de l’histoire complexe de la cession des terres, des titres aborigènes et des droits autochtones en Colombie-Britannique. L’équipe du projet Les Canadiens et leurs passés a aussi aidé l’UBCIC à mettre son site Internet à jour et à concevoir des instruments d’évaluation pour connaître l’efficacité et la perception du site par les membres des Premières Nations et le public en général. Ce partenariat permet à l’équipe du projet Les Canadiens et leurs passés d’examiner les réactions politiques, sociales et personnelles ainsi que l’usage du passé dans un contexte de relations tendues entre les Autochtones et les Blancs, et de participer à un débat international permanent sur le thème « Histoire, mémoire, réconciliation et guérison ». Comme l’indique la Commission royale d’enquête sur les peuples autochtones de 1996 : « Faire le portrait exact de l’histoire d’une relation entre deux cultures est loin d’être simple ou clair. »
(http://www.ainc-inac.gc.ca/ch/rcap/sg/sg4_e.html#20)